Cette introduction a été rédigé par notre T :. S :. et P :. M :. Frank Roy :.
S’il y a bien une notion que la nature n’a pas donné c’est bien l’égalité. Rien n’est spontané ou naturel dans la notion d’égalité telle qu’elle est née du siècle des lumières. Il n’y a qu’a nous regarder, en quoi sommes nous semblables ? Hormis le fait que nous appartenons à la même espèce, et qu’accessoirement pour ce qui nous concerne ici nous soyons de la même nationalité et dans cette assemblée du même sexe, en quoi sommes nous semblables ? Belle utopie, donc, mais pourtant indispensable.
« Il est plus facile de proclamer l’égalité que de la réaliser. » nous dit Edouard Herriot.
Revenons au début de l’histoire, toutes proportions gardées. Commençons par la définition du mot « égalité » : Le Littré nous dit que l’égalité est la qualité de ce qui est égal : par exemple égalité de deux lignes, de deux angles ; Egalité d’âge, de mérite ; Pour la partie de ces exemples purement quantifiable, admettons que l’égalité puisse exister ; mais quand cette définition s’applique à une notion intégrant une appréciation comme le « mérite », ca devient tout de suite plus compliqué ; Continuons dans la définition du Littré, étayée par d’autre exemples : « état de conditions égales ; L’égalité entre frères n’existait pas quand l’aîné avait toute la fortune ; L’amitié demande l’égalité ».
Toujours dans le Littré : « L’égalité devant la loi, condition d’après laquelle tous les citoyens sont sujets de la loi, sans exception ni privilège. Organisation sociale dans laquelle tous les privilèges de classes sont détruits ; Liberté égalité, fraternité, devise politique. »
On ressent bien dans cette analyse que fait le Littré l’esprit républicain du XIXe siècle né de la révolution française. L’exemple des frères et de l’ainé qui conserve toute la fortune n’aurait pas été apprécié de l’autre coté de la Manche.
L’égalité est tout sauf naturelle dans la nature, et donc chez l’être humain.
C’est donc la civilisation moderne que nous a donc inculqué ce précepte.
Jean Jacques ROUSSEAU analyse bien cette inégalité naturelle :
« Je conçois dans l’espèce humaine deux sortes d’inégalités. L’une que j’appelle naturelle ou physique. L’autre que l’on peut appeler inégalité morale ou politique » – Jean-Jacques Rousseau – 1712-1778 – Discours sur l’inégalité – 1755
Et l’apport des lumières est non pas de modifier l’inégalité dite « naturelle ou physique », sur laquelle nous sommes impuissants, mais d’intervenir pour remédier à ce qu’il appelle l’inégalité morale ou politique .
Qu’avions nous avant : les esclaves dès les débuts de la civilisation ( et force est de constater il y a encore peu, et pas dans les pays les moins « civilisés » ) l’inégalité des droits et des lois, les castes, bref tout une système de valeur qui ne faisait que reconnaître cette inégalité naturelle de l’état des individus.
C’est donc un bouleversement profond qu’ont apportés les philosophes des lumières, rapidement mis en oeuvre par la révolution française, et tout aussi rapidement diffusé dans le monde occidental principalement, puis au monde entier, comme étant un principe naturel et fondamental. Nuançons
toutefois cette application de la notion d’égalité ; L’homme n’est pas vertueux par nature, et donc l’égalité, si elle a été énoncée comme principe dès 1789, n’a été appliqué qu’en fonction des évolutions comportementales et idéologiques de chaque époque. Les droits des femmes, l’application restreinte du suffrage universel, les droits des possédants ou des pauvres, les colonies, bref, l’application du principe de l’égalité au XIXe siècle nous semble à nous hommes du XXIe bien injuste et donc inégalitaire !
Du point de vue économique, une rupture avec le capitalisme sauvage s’est progressivement opéré, traduite par la mise en place d’un impôt sur le revenu, l’assurance-maladie, les lois sociales et le salaire minimum. Ces mécanismes ont permit une réduction des écarts de niveaux de vie entre les individus dans les sociétés occidentales.
Si on en revient à notre définition de la notion de l’égalité, nous pouvons dire que pour l’être humain, l’égalité est le principe qui fait que les hommes doivent être traités de la même manière, avec la même dignité, qu’ils disposent des mêmes droits et sont soumis aux mêmes devoirs.
On peut distinguer diverses formes d’égalité :
• L’égalité morale portant sur la dignité, le respect, la liberté. Elle considérée comme étant au-dessus de toutes les autres formes d’égalité.
• L’égalité civique, c’est-à-dire devant la loi, par opposition aux régimes des privilèges.
• L’égalité sociale qui cherche à égaliser les moyens ou les conditions d’existence.
• L’égalité politique (par rapport au gouvernement de la cité).
• On peut y rajouter « l’égalité des chances » mises en avant par le libéralisme.
On peut définir l’égalité de plusieurs manières, notamment pour la répartition des biens matériels ou des ressources financières.
chacun a la même chose (« justice commutative ») ;
chacun selon ses besoins (« Aristote ») ;
chacun selon son mérite .
Il convient de distinguer égalité et identité, les hommes n’étant semblables que par leur nature(appartenance à la même espèce) et leur dignité (égalité morale) mais pouvant être différents sur tous les autres plans ;
On distinguera aussi égalité et justice : l’inégalité sociale peut exister dans la mesure ouelle est compatible avec la justice ; On parlera plutôt pour la justice d’équité sur laquelle elle se fonde.Le grand principe républicain de l’égalité des chances impose d’offrir à chacun la possibilité de trouverla place qu’il lui convient le mieux dans la société dans laquelle il vit ;
A commencer par l’école : Victor Hugo nous le rappelle dans les Misérables : « l’égalité a un organe : l’instruction gratuite etobligatoire. »Mettre en valeur et développer les qualités de chacun, c’est promouvoir l’égalité des possibles, c’estoffrir aux enfants défavorisés le parcours éducatif le plus performant minimisant l’influence de l’originesociale, c’est valoriser à la fois la persévérance, l’effort et le mérite.
Dans un « guide républicain » datant de 2004, donne une définition del’égalité des chances qui semble nous correspondre : « L’égalité des chances, c’est le droit de ne pas dépendre exclusivement de la chance, ni de la malchance. C’est le droit égal, pour chacun, de faire ses preuves, d’exploiter ses talents, de surmonter, au moins partiellement, ses faiblesses. C’est le droit de réussir, autant qu’on le peut et qu’on le mérite. C’est le droit de ne pas rester prisonnier de son origine, de son milieu, de son statut. C’est l’égalité, mais actuelle, face à l’avenir. C’est le droit d’être libre, en se donnant les moyens de le devenir. C’est comme une justice anticipée, et anticipatrice : c’est protéger l’avenir, autant que faire se peut, contre les injustices du passé, et même du présent. »
Alors pourquoi semblons nous nous éloigner des résultats que nous sommes en droit d’attendre de cette égalité des chances que nos démocraties modernes semblent pourtant parfaire ?
Pourquoi cette belle et généreuse définition d’Anatole France « la majestueuse égalité des lois interdit aux riches comme aux pauvres de coucher sous les ponts, de mendier dans la rue et de voler du pain »![]()
Pourquoi cette déclaration humaniste et de bon sens nous semble aujourd’hui plus utopique qu’hier ?
Les réponses sont certainement multiples : surpopulation exponentielle, inégalités à travers le monde, surpuissance de la finance, montée des communautarismes, la liste des causes n’est pas limitative ; Nul![]()
doute que si dans notre Chapitre nous avons choisi de réfléchir sur ce thème de l’égalité, après avoir planché longtemps sur celui de la liberté, c’est parce que nous avons bien compris qu’il n’y a pas l’une![]()
sans l’autre. Condorcet a dit avant nous en 1793 dans son journal d’instruction sociale qu’ »il ne peut y avoir ni vraie liberté ni justice dans une société si l’égalité n’est pas réelle ». Et bien mes BAF nous![]()
avons une pierre a dégrossir si nous voulons que notre devise qui est aussi celle de la république, dans laquelle l’égalité a une place centrale, ne soit pas une simple incantation.